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[Retour sur] Conférence « Comment appréhender la dette publique ? mesures, causes, conséquences, traitements en France et en Europe »

Evènement | 25 septembre 2025

La dette publique est sans aucun doute le sujet le plus criant de l’actualité politique française récente. Qu’on ouvre les journaux, qu’on allume la radio le matin ou encore qu’on regarde la télévision en famille, la dette semble être l’obsession du moment. Elle est en outre au cœur des débats au sein de de l’Assemblée nationale pour l’adoption d’un nouveau budget. Taxe Zucman, taxe sur les bonbons ou encore réductions de subventions : quelles sont les solutions viables pour retrouver un équilibre dans les finances publiques ?

Vignette_Comment appréhender la dette publique_

Intervenant : 

Nicolas Rességuier,
Ancien directeur départemental de la Banque de France.

Présentation de la conférence

 

Ce 25 septembre 2025, les étudiants de l’Université Jean Moulin ont eu l’opportunité d’avoir un éclairage économique concret, par l’intervention de Nicolas Rességuier, ancien directeur départemental de la Banque de France.
 
Le constat est sans appel : la dette publique française a atteint un niveau qui en devient dangereux. Elle s’élève aujourd’hui à 3416 milliards d’euros, soit 115% du PIB. Nous remportons la médaille d’argent du deuxième pays le plus endetté d’Europe. Et ce n’est pas un accomplissement pour lequel nous devrions trop nous féliciter. Pour cause, afin de rembourser cette dette, nous nous endettons encore davantage par de nouveaux emprunts. Chaque année, nous payons des intérêts dont le poids dans le budget augmente graduellement. En 2025, ils s’élèvent à 60 milliards d’euros. Ce montant se rapproche dangereusement du budget total de l’éducation nationale.
 
Cette dette est la résultante d’un déficit prolongé sur plusieurs décennies. Tandis que les impôts ont augmenté de 50% depuis les années 1960, les dépenses publiques se sont élevées de 58%. Alors, pour éviter de connaître le même scénario que la Grèce, faut-il taxer encore plus les contribuables, ou couper toutes les dépenses à la Javier Milei ?
 
La réponse n’est pas si simple. Elle est d’autre part éminemment politique. Toutefois, certains éléments de réponse peuvent être apportés d’un point de vue économique. La France peut se féliciter de détenir une autre médaille : nous sommes le pays européen le plus imposé. Dès lors l’augmentation de l’imposition paraît assez délicate : il ne faudrait pas étouffer l’activité économique et aboutir à un résultat inverse à celui recherché. Alors, doit-on couper les dépenses publiques ? La réponse est encore une fois complexe. En effet, la réduction des dépenses, si elle soulage le déficit, aboutit nécessairement à une dégradation de la qualité des services publics. D’autant plus que certains postes de dépenses comme la santé et la sécurité sociale ne peuvent mécaniquement qu’augmenter dans les prochaines années en raison du vieillissement de la population. Ces réductions doivent aussi être suffisamment conséquentes : beaucoup de propositions politiques visant à couper des dépenses, qui, aussi élevées qu’elles puissent paraître, représentent en réalité une proportion infime du total des dépenses (1670,2 milliards d’euros en 2024).

Selon M. Rességuier, une dernière piste ne serait pas assez explorée par le monde politique français : l’augmentation de la production. La croissance du PIB favorise la consommation, et donc l’augmentation des recettes. Dès lors, il serait probablement judicieux de viser un développement de la productivité du travail et une hausse du taux d’emploi. Il nous reste encore à ce jour, à savoir quelle personnalité politique aura le courage, dans un débat déjà si houleux, de demander aux français de travailler plus…

Alexandre Doutin, étudiant en L2 du Collège de droit

INFOS PRATIQUES

Lieu(x)

Campus de la Manufacture des Tabacs

Type

Actualité net3, A la Une - net3, Conférence

Thématique

Droit